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"La mer est un espace de rigueur et de liberté." Victor Hugo

 

"L'activité des hommes se tournera de plus en plus vers la recherche de l'exploitation de la mer, et naturellement, les ambitions des Etats chercheront à dominer la mer pour en contrôler les ressources" Général Charles de Gaulle, Brest, 2 février 1969

 

"On ne peut, sans la marine, ni soutenir la guerre ni profiter de la paix." Colbert

 

"Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts." Isaac Newton


"Qui tient la mer tient le commerce du monde, tient la richesse du monde; qui tient la richesse du monde tient le monde lui-même" Sir Walter Raleigh


"La mer présente l'aspect d'une grande route publique ou, mieux peut-être, d'une immense étendue de terrain banal, sur laquelle les voies se croisent dans tous les sens. Quelques-unes de ces voies bien tracées montrent, en outre, que le passage se fait dans certaines directions, choisies de préférence aux autres. Ces directions portent le nom de routes commerciales" Amiral Alfred Thayer Mahan


"La puissance maritime, c'est certain, entraîne la possession de points stratégiques, mais ce qui la constitue, en premier lieu, c'est la marine qui flotte" Amiral Alfred Thayer Mahan

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Samedi 3 juillet 2010 6 03 /07 /2010 12:09

                Le 7 juin dernier, le Secrétaire d’Etat à la coopération et à la francophonie Alain Joyandet s’est rendu sur l’île Maurice où il a signé un accord-cadre sur la cogestion économique, scientifique et environnementale relative à l’île Tromelin et à ses espaces maritimes environnants.

 

  • Un confetti dans l’océan Indien

 

                L’île Tromelin est une dépendance française de l’Océan Indien située à 450 km à l’est de Madagascar, à 535 km au nord de la Réunion, à l’ouest de Maurice et au sud des Seychelles. Cette île fait partie d’un ensemble plus grand et éclaté que sont les îles Eparses, dépendances françaises, îles et atolls petits et isolés dans le canal du Mozambique et dans l’Océan Indien. Tromelin est un confetti d’environ 1km2, avec 3,7 km de côtes, long de 1700 m et large de 700 m, mais son espace maritime représente des milliers de km2. Ile corallienne, il ne s’agit que d’un terrain plat et sablonneux à la faible végétation. Ses habitants : aujourd’hui quelques météorologues qui habitent une base météorologique desservie par une piste de 1100 m. Jadis, au 18ème siècle, l’île fut le témoin du naufrage du navire l’ « Utile » chargé d’une centaine d’esclaves d’origine malgache qui se rendaient à Maurice. Pendant 15 ans, l’île abrita quelques esclaves rescapés abandonnés par les français. Tromelin semble ne rien représenter dans ce vaste ensemble qu’est l’Océan Indien et pourtant des Etats se disputent pour savoir qui y exerce sa souveraineté. Les enjeux : un vaste espace maritime, un positionnement stratégique et des ressources halieutiques abondantes.

 

  • Un îlot concernant trois Etats

 

                L’île Tromelin oppose depuis 1976 la France (présente notamment sur l’île voisine de la Réunion) à Maurice et dans une moindre mesure à Madagascar. Pour certains malgaches, Tromelin leur reviendrait de droit si l’on prend en compte que les naufragés de l’ « Utile », seuls réels habitants qu’ait comptés l’île, étaient malgaches. Pour Maurice, il s’agit d’une île faisant partie de l’héritage transmis par les britanniques et surtout une île permettant d’accroître considérablement son espace maritime. Pour la France, Tromelin est avant tout un avant-poste important dans le jeu géopolitique de l’océan Indien. D’un point de vu général, la France, Madagascar et Maurice entretiennent de bonnes relations diplomatiques. D’un point de vu local, la France se dispute avec Maurice et Madagascar sur ses frontières maritimes et sur la souveraineté des îles Eparses. Maurice et Madagascar se soutiennent mutuellement sur ces disputes.  

 

 

  • Des enjeux géostratégiques, économiques et identitaires

 

                Ce petit bout de terre française représente différents enjeux dans ce vaste espace maritime (espace dont on accède, il faut le noter, que par des détroits et passages stratégiques). Tout d’abord, dans une région affectée par la pauvreté, les ressources halieutiques représentent un enjeu matériel majeur.Carte-Ocean-Indien.jpg

D’un point de vue géostratégique, l’île est un atout pour la France dans son positionnement face aux puissances anglo-saxonnes (Royaume-Uni, Commonwealth et Etats-Unis) qui contrôlent les accès stratégiques vers l’océan Indien, océan qui voit circuler les ¾ du trafic maritime mondial. Elle participe ainsi à la défense de la liberté de navigation dans les voies de communications maritimes. Alors que la piraterie se rapproche des Seychelles, affectant notamment les thoniers français présents dans les eaux seychelloises, la France peut quadriller et contrôler une vaste zone autour de l’espace concerné par la menace des pirates.

D’un point de vue purement identitaire (voir même sentimental), pour Maurice et Madagscar, Tromelin est aussi une manière de se réapproprier l’histoire de l’esclavage.

 

  • Un accord pragmatique mais juridiquement bancal

 

                Jusqu’à présent, la France exerçait sa souveraineté de manière effective grâce à  l’administration des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF). Par période, Maurice se permettait d’octroyer, ou des droits de pêche dans l’espace maritime entourant Tromelin, ou des droits d’exploitation sur l’île même (notamment entre 1901 et 1956, en permettant à 4 mauriciens d’exploiter le guano –excréments d’oiseaux marins utilisés comme engrais- de l’île). Désormais, il en sera autrement avec l’accord-cadre signé le 7 juin dernier. En effet, il met en place des mesures de cogestion sur la pêche, la préservation de la biodiversité et les recherches archéologiques. Il est notamment mis en place un comité de cogestion qui devrait permettre d’éviter que chaque Etat octroi des droits de pêche dans la ZEE de Tromelin sans en référer à l’autre. L’accord se veut donc pragmatique : chaque Etat le revendique et tente de l’administrer au grand dam des ressources halieutiques et de la préservation de l’environnement. Pour Maurice comme pour la France, leurs objectifs économiques, stratégiques et géopolitiques sont en partie atteints. Mais il subsiste un problème. L’accord ne règle aucunement la question de la souveraineté. Soit, un espace maritime cogéré, cela se voit régulièrement notamment pour les zones d’exploitations pétrolières litigieuses. Soit, une  île ou un territoire sur lesquels s’exercent deux souverainetés (un condominium), cela s’est déjà vu (par exemple l’île des faisans entre la France et l’Espagne qui se situe sur la Bidassoa). Mais en aucun cas, cela n’a eu de conséquences sur les relations avec les Etats voisins. Qui sera, par exemple, compétent pour signer une convention de délimitation des frontières maritimes entre l’espace maritime de Tromelin et l’espace des Seychelles ou de Madagascar ? Qu’en est-il des autres droits et devoirs prévus par le droit de la mer sur la ZEE et le plateau continental alors même qu’on ne sait plus s’il s’agit d’une ZEE française ou mauricienne ?

 

         Il faut donc souhaiter que la cogestion fonctionne, mais que les négociations se poursuivent sur la souveraineté de l’île Tromelin et de l’espace maritime afférent. Peut être serait-il intéressant de créer un véritable condominium établissant les droits, devoirs et responsabilités des deux Etats.

 

Jérémy DRISCH

 

Carte "Océan Indien : enjeux sécuritaires, économiques et identitaires" au format PDF

Par Linium International - Publié dans : Géopolitique des mers - Communauté : Géopolitique et géostratégie
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Samedi 19 juin 2010 6 19 /06 /2010 14:40

                Le 8 juin dernier, l’Erythrée et Djibouti sont parvenus à la signature d’un accord décidant du règlement pacifique du contentieux sur leurs frontières maritime et terrestre sous la médiation du Qatar. Depuis plusieurs années, les deux pays se sont affrontés militairement dans une zone sous souveraineté djiboutienne mais contestée par l’Erythrée : le Cap Doumeira et l’île de Doumeira. Après deux confrontations meurtrières en 1996 et 1999, l’Erythrée a occupé la zone litigieuse en avril 2008 précipitant les deux Etats dans un nouveau conflit.

 

                Cet accord de médiation est une première étape dans le règlement pacifique des différents entre l’Erythrée et Djibouti. La première conséquence devrait être le retrait des troupes érythréennes du cap Doumeira, zone dans laquelle Djibouti et le Yémen envisage de construire un pont traversant le détroit du Bab el Mandeb (pont de 28,5 km). Ensuite, après avoir ignoré plusieurs fois les résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU, l’Erythrée fait enfin un effort pour la paix dans une région particulièrement instable.

 

                Cet accord peut avoir un impact important pour toute la région de la Corne de l’Afrique. L’Erythrée est Carte-Mer-Rouge.jpgun Etat clé pour la stabilité et la sécurité dans cette région. Elle connaît des tensions notamment avec son voisin éthiopien, ou en a connu avec le Soudan et le Yémen (de l’autre côté de la Mer Rouge). L’Erythrée a été surtout condamnée par la communauté internationale pour avoir participé à la déstabilisation de la Somalie en finançant et soutenant les mouvements rebelles islamistes, ce dernier Etat ayant reçu jusqu’en 2009 le soutien militaire de l’Ethiopie, frère ennemi de l’Erythrée. Si celle-ci fait enfin le chemin de la Paix, peut-être pourrait elle enfin régler le différent frontalier avec l’Ethiopie (conflit qui aura fait plus de 100 000 morts). Par là même, cela modifierait certainement les implications érythréennes en Somalie. Ce dernier pays vit depuis des décennies une paupérisation phénoménale, dont les tensions intérieures ont conduit à son implosion. Cette situation anarchique a eu pour effet de développer la piraterie au large de la Corne de l’Afrique.  

 

                Il faut retenir de cet accord entre ces deux voisins africains, l’implication du Qatar qui a réussi là où les Etats occidentaux et les organisations internationales (ONU, Union Africaine, etc.) ont échoué. Rappelons que la France, qui a de nombreux intérêts à Djibouti (notamment une base militaire importante située sur un détroit clé de l’économie mondiale – le « Bab el Mandeb ») n’a pas réussi à apaiser les tensions entre Djibouti et l’Erythrée. Le Qatar a proposé sa médiation dans d’autres litiges frontaliers dans la région. Ce pays commence à prendre de plus en plus de place dans la diplomatie du monde musulman, se démarquant notamment des positions de son encombrant voisin, l’Arabie Saoudite. Cette dernière est un Etat clé dans la stabilité du versant asiatique du Bab el Mandeb, en étant notamment largement impliqué dans la politique yéménite.

 

Jérémy DRISCH

Carte en format PDF : Erythrée, un Etat clé de la corne de l'Afrique?

Par Linium International - Publié dans : Géopolitique des mers - Communauté : Géopolitique et géostratégie
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Lundi 7 juin 2010 1 07 /06 /2010 12:08

10493 photo-prise-le-24-avril-2010-de-la-corvette-cheonan-p                Le 26 mars dernier, un navire de la marine sud-coréenne a été coulé par la marine Nord Coréenne, Pyongyang considérant qu’il s’approchait trop de ses eaux territoriales (celles-ci étant théoriquement délimitées par la Northern Limit Line prévue par le traité d’armistice mais contestée par la Corée du Nord –cf. Article précédent).


Cette attaque a fait 46 morts parmi les 104 membres d’équipage de la Corvette Cheonan. Celle-ci s’est brisée en deux. Une enquête internationale a conclu récemment qu’il s’agissait du résultat de l’attaque d’une torpille lancée depuis un sous-marin nord-coréen.

 

Depuis le 26 mars, les échanges entre les deux Corées sont de plus en plus violents verbalement, remettant ainsi entièrement en cause le partenariat développé depuis quelques années. Séoul a reçu le soutien de nombreux Etats à commencer par les Etats-Unis.

 

                La Corée du Sud a saisi formellement le conseil de sécurité de l’ONU vendredi suite à ce torpillage. Alors que le Nord menace de plus en plus d’en découdre militairement, le Sud en saisissant le conseil de sécurité, invoquant une violation de la Charte des Nations-Unis, du traité d’armistice de 1953 et du traité de coopération de 1992, souhaite que la communauté internationale prenne des mesures pour éviter l’escalade de la violence.

 

Pour autant, il est peu probable qu’une telle saisine porte ses fruits. En effet, au conseil de sécurité siègent en permanence (disposant du droit de véto) deux alliés traditionnels de la Corée du Nord (la Russie et la Chine) et qui depuis le torpillage du Cheonan n’ont montré aucun rapprochement avec Séoul.

 

Jérémy DRISCH

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Dimanche 6 juin 2010 7 06 /06 /2010 23:06


51,5% des slovènes ont voté oui lors du référundum sur l'accord d'arbitrage concernant le litige frontalier entre la Slovénie et la Croatie. Ce "oui" rouvre ainsi la voie de l'adhésion de la Croatie à l'Union européenne.

 

P.S.: 48,5% des slovènes ont voté non

 

J.D.

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Dimanche 6 juin 2010 7 06 /06 /2010 15:49

                Les 1,7 millions d’électeurs slovènes sont invités à se rendre aux urnes aujourd’hui, Dimanche 6 juin 2010, pour se prononcer pour ou contre l’accord signé entre la Croatie et la Slovénie prévoyant une procédure d’arbitrage international pour le règlement du contentieux sur la délimitation de la frontière maritime dans le golfe de Trieste.

 

                Ce litige opposant les deux voisins date de l’explosion de l’ex-Yougoslavie (cf. 1er article sur ce president-slovene-Danilo-Turk.jpg contentieux). La configuration des côtes étant si particulière, que si l’on appliquait la règle souvent utilisée dite de l’équidistance, la mer territoriale slovène serait extrêmement réduite et enclavée entre les espaces maritimes italiens et croates sans aucun accès à la haute-mer. Les deux voisins n’ont jamais réellement réussi à s’entendre sur ce litige. La Slovénie ayant adhéré à l’Union européenne en 2004, bloque désormais la demande d’adhésion de son voisin croate tant que la question des frontières maritimes n’est pas réglée. Sous l’égide de la présidence suédoise de l’Union européenne, un accord prévoyant le recours à l’arbitrage international avait été trouvé le 4 novembre dernier. Les parlements des deux voisins ont ratifié récemment l’accord, mais le gouvernement Slovène a souhaité poser la question aux slovènes par référendum (tout en les invitant à voter oui).

 

                L’usage du référendum est dangereux dans cette situation. Les nationalistes et la droite appellent à voter non (alors qu’il paraît naturel pour toute nation de définir l’espace sur lequel elle exerce sa souveraineté). Si le non l’emporte, l’adhésion croate sera certainement remise à plus tard, et la situation politique interne en Slovénie risque d’être tendue.

 

Les résultats sont attendus pour la fin de journée.  A suivre…

 

Jérémy DRISCH

 

Source photo : AFP, président slovène Danilo Turk (partisan de l'accord d'arbitrage)

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