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Jeudi 4 mars 2010 4 04 /03 /2010 22:56

                Les Malouines sont un archipel de l’Atlantique sud, proches de la « Tierra del Fuego » argentine, non loin du continent Antarctique. Depuis quelques jours, ces îles connues dans le monde anglo-saxon comme les Falklands font de nouveau parler d’elles. Ce nom résonne chez les amateurs d’histoire maritime, puisqu’il rappelle une victoire navale britannique de 1914 sur la flotte de l’empire Allemand après la sévère défaite des Coronels (la bataille des Falklands avait lourdement détruit la Kriegsmarine).

Cet archipel est un territoire d’outre-mer britannique depuis 1833 (la première installation britannique date de 1765). Cette possession du Royaume-Uni a été contestée par l’Argentine dès 1833, au motif que l’archipel fût acheté par l’Espagne (dont dépendait avant 1820 l’Argentine) à la France (le français Bougainville fût le premier à découvrir l’île). Pourtant, l’occupation effective a toujours été britannique.

 

Theorie-des-Crises-internationales-La-Guerre-des-Malouines-.jpg                 Cette contestation pris une tournure militaire il y a bientôt 28 ans. La guerre dite des Malouines opposa le régime militaire argentin et le Royaume-Uni d’avril à juin 1982. Il fût l’un des rares conflits naval de l’après seconde guerre mondiale, qui fit côté argentin environ 600 victimes, et côté britannique, environ 200 victimes. Le régime argentin, désirant redorer son blason entaché par de lourdes atteintes aux droits de l’Homme, décida d’envahir les îles Malouines. Pour les britanniques, l’enjeu pouvait sembler risible. Dans un premier temps, il s’agissait d’empêcher les argentins d’appuyer leurs revendications sur une partie du continent Antarctique. Dans un deuxième temps, il s’agissait surtout en cette période de guerre froide d’avoir, pour le bloc occidental, une place de contrôle et d’observation du passage de sous-marins soviétiques proche du Cap Horn (l’URSS soutenait à l’époque le régime argentin).

 

                  Depuis  la guerre de 1982, et cela malgré le retour du dialogue, le contentieux n’a toujours pas été réglé. L’Argentine ne cesse de réclamer le retour de l’Archipel dans son giron, alors que les britanniques maintiennent pour cette colonie de seulement  4000 habitants, une garnison militaire de plus de 1000 hommes. Parmi les signes de la reprise du dialogue, on avait pu noter la signature d’un accord de coopération pour le partage de l'exploration et l'exploitation éventuelle des richesses pétrolières dans le secteur des Malouines en 1995 sous l’égide de l’ONU. Cet accord a été dénoncé unilatéralement par l’ancien président (le mari de l’actuelle présidente), Nestor Kirchner, en 2007. Aujourd’hui, les argentins risquent de s’en mordre les doigts.

 

Une bataille pour le pétrole

 

         Fin février, un navire battant pavillon étranger a été arraisonné par les autorités argentines parce qu’il transportait, d’après le gouvernement, un chargement de tubes destinés à l’exploration de forages offshore au large des Malouines.  Les soupçons des argentins s’avérèrent vrai avec l’annonce d’un projet d’exploration pétrolière par les anglais. En effet, la compagnie britannique Desire Petroleum en accord avec la Falkland Oil & Gas va commencer l’exploration d’un gisement à l’est de l’archipel dans les eaux sous souveraineté britannique.

Cette affaire relance le contentieux opposant les deux Etats, l’Argentine envisageant même de porter ce contentieux sur la souveraineté des Malouines devant la Cour Internationale de Justice. Ce dernier pays a obtenu le soutien de la majorité des pays d’Amérique latine (notamment les 25 chefs d’Etat du « groupe de Rio », groupe informel de pays latino-américains). Le président vénézuélien Hugo Chavez, célèbre pour ses provocations, a accusé le Royaume-Uni de se livrer à « une des plus grossières démonstrations » de « néocolonialisme », et a demandé à ce que soit restitué « ce territoire à son propriétaire légitime, le peuple argentin ».

 

575x385_1469040_0_4dc8_ill-1309976-2586-616929.jpg         Après l’arraisonnement du navire de tubes et pour répondre à la volonté britannique d’explorer des gisements au large des Malouines, le gouvernement argentin a décidé de contrôler tout navire traversant sa zone économique exclusive et désirant se rendre sur l’archipel. Remarquons que cette annonce est contraire aux dispositions de la convention des Nations-Unies sur le droit de la mer de Montego Bay. En effet, l’article 58 prévoit que « dans la zone économique exclusive, tous les Etats, qu'ils soient côtiers ou sans littoral, jouissent, […], des libertés de navigation et de survol ».

 


Une guerre des mots

 

        Bien que la décision du Royaume-Uni d’explorer et d’exploiter les gisements de son territoire d’outre-mer soit contestable -car considérée comme une provocation alors même que le contentieux concernant l’archipel n’est toujours pas réglé, l’Argentine est en partie responsable de cette situation. Si Nestor Kirchner n’avait pas rompu unilatéralement l’accord de 1995 sur la coopération en matière d’exploitation pétrolière, une telle décision n’aurait certainement jamais été prise.

Certaines autorités (notamment les autorités régionales de la Terre de Feu) ont invoqué la possibilité d’un recours devant la CIJ. Cette option pourrait être intéressante, car fixant la situation, mais probablement désavantageuse pour l’Argentine, car la présence effective des britanniques depuis 1833 risque de primer sur le titre de souveraineté des argentins (en l’espèce la vente de cet archipel à l’Espagne par la France).

Il est plus probable que les provocations verbales et les intimidations continuent un temps sans que l’affaire ne soit portée devant une juridiction internationale. L’Argentine a d’ailleurs en retour annoncé il y a quelques jours, sa décision d’exploiter des gisements dans sa zone économique exclusive proche de celle des Malouines.

 

        Il serait surprenant que ces nouvelles tensions provoquent un nouveau conflit armé. Le contexte a beaucoup évolué depuis 1982. Bien que l’Argentine se recherche une nouvelle unité politique intérieure, une offensive militaire serait malvenue dans le contexte international actuel. Côté britannique, ceux-ci ne disposent pas des moyens militaires permettant une expédition maritime, car bien trop accaparés sur le théâtre afghan. De plus, les interventions militaires ont de moins en moins bonne presse dans l’opinion publique anglaise.

La meilleure solution dans cette nouvelle bataille serait, tout du moins pour l’Argentine, de revenir sur la décision de Nestor Kirchner de 2007 et de délimiter une zone de partage d’exploitation.

 

Jérémy DRISCH

 

Sources image :

- AFP

Par Linium International - Publié dans : Géopolitique des mers - Communauté : GEOPOLITIQUES MONDIALES
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Jeudi 18 février 2010 4 18 /02 /2010 21:32

                La mer Noire connaît un regain d’intérêt des grandes puissances depuis l’éclatement du bloc Soviétique. Animée depuis par un jeu géostratégique entre la Russie et les Etats-Unis, la région voyait ces derniers prendre la main par le biais de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN).

 

      L’intérêt stratégique pour la région tient avant tout aux voies de cheminement des hydrocarbures russes et asiatiques. Rappelons que la mer Noire fait partie d’un axe géopolitique majeur (mers Méditerranée, Noire et Caspienne) et dont l’accès (le détroit du Bosphore) voit passer chaque jour une trentaine de pétroliers. Par ailleurs, de nombreux oléoducs et gazoducs existent ou sont en cours de construction dans cet espace maritime (il s’agit d’une source d’affrontement entre la Russie et les Etats-Unis avec la construction des gazoducs South Stream d’une part, et Nabucco d’autre part).

 En plus de l’intérêt énergétique, la Mer Noire est entourée de nombreuses zones de tensions latentes (Abkhazie, Ossétie du Sud, Transnistrie…).

 Mer_Noire_-carte-.png

     Le contrôle de la région par les américains se fait surtout par le biais de l’OTAN. Depuis la fin de la guerre froide, la Russie tente de reprendre la main ; ce comportement correspond à un nouvel impérialisme vis-à-vis de ses voisins proches. Elle a déjà montré sa volonté impérialiste dans le conflit avec la Géorgie en août 2008 ou encore dans son implication dans les affaires internes ukrainiennes.

De nouvelles données géopolitiques pourraient permettre à la Russie de reprendre le dessus dans la région et retrouver en quelque sorte le pré-carré de l’ex-Union soviétique.

 

  • Elections ukrainiennes et Mer Noire

 

      Le 7 février dernier, l’ancien premier ministre (qualifié de pro-russe) Victor Ianoukovytch remportait l’élection présidentielle. Nous avons déjà eu l’occasion de parler dans un précédent article des visées de l’actuel Premier Ministre Ioulia Timochenko sur les ressources énergétiques de la mer Noire.

 

En 1997 a été signé entre la Russie et l’Ukraine un bail de vingt ans permettant à la flotte russe de la Mer Noire de disposer d’une partie du port de Sébastopol (Crimée ; Ukraine). Théoriquement, après 2017, la flotte russe est censée quitter la région. Victor Ianoukovytch n’a pas exclu cette semaine de laisser la flotte russe rester au-delà de ce délai en Crimée. Ce nouveau rapprochement entre la Russie et l’Ukraine pourrait gêner d’une part l’extension de l’OTAN dans la région (Ianoukovytch n’est pas favorable à une adhésion de l’Ukraine), et calmer les disputes liées à l’approvisionnement énergétique de l’Union européenne par Gazprom(entreprise russe) et passant par l’Ukraine.  

 

  • Construction navale et géopolitique de la Mer Noire

 

      Les chantiers STX de Saint-Nazaire attendent depuis quelques mois de nouvelles commandes de construction de navires (habituellement des paquebots). La situation difficile des chantiers a poussé l’Etat français (possédant environ 33% du capital des chantiers) à proposer la construction de navires militaires. La construction d’un premier Bâtiment de Projection et de Commandement (BPC) de type Mistral vient d’être commencée pour le compte de la Marine Nationale française. Des démarches ont été entreprises pour que la Marine Russe commande quatre navires du même type.

 

mistral2Si la Russie confirme sa commande auprès de STX (voire même auprès d’un autre chantier d’un pays membre de l’OTAN), il s’agirait d’une première. La situation semble paradoxale.  Le fait qu’un pays de l’OTAN fournisse des armes à la Russie serait une première depuis la fin de la guerre froide. Cette décision serait d’autant plus surprenante qu’il s’agirait d’une nouvelle donne géopolitique pour la mer Noire, ces navires de la classe Mistral pouvant être affectées à la flotte russe de la Mer Noire. Cette décision inquiète fortement les alliées de la France (à commencer par la Roumanie –membre de l’Union européenne-, et la Géorgie). Pour cette dernière, la décision pourrait s’avérer bien plus dramatique. Un chef de la Marine russe a déclaré que si la Russie avait disposé d’un Mistral en 2008 lors de la guerre contre la Géorgie, la flotte de la Mer Noire aurait mis 40 minutes pour accomplir une mission qui lui a pris 26 heures.

 

     Pour les chantiers de Saint-Nazaire, cette petite bouffée d’air  poserait de réelles questions. Dans un premier temps, il ne s’agirait certainement que d’un pansement sur une jambe de bois. Les sous-traitants des chantiers sont spécialisés dans l’aménagement de paquebots, pas de navires de guerre. Dans un deuxième temps, est-il décent de livrer des « armes » à un Etat susceptible de l’utiliser contre un allié de la France et de l’Union européenne ?    

 

Jérémy DRISCH

 

Sources photos :

  • Carte mer Noire : Wikipedia
  • BPC Mistral : Marine nationale


Par Linium International - Publié dans : Géopolitique des mers - Communauté : Géopolitique
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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 20:14
Chaque jour, de nombreux articles sont publiés sur les blogs, les sites internet et dans la presse. Toute l'actualité ne pouvant être décryptée et analysée sur le Blog, vous pourrez trouver néanmoins de nombreux articles sur les profils Linium International suivants :


Par ailleurs, n'hésitez surtout pas à me proposer ou à me signaler des articles que je n'aurais pas vu.

Jérémy DRISCH.
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Par Linium International - Publié dans : Linium International - Communauté : Géopolitique
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Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /2010 23:32

                L’agence de presse russe RIA Novosti annonçait mardi dernier (02/02) la volonté de l’actuel Premier Ministre ukrainien, Madame Ioulia Timochenko également candidate à la présidentielle, de demander en cas de victoire dimanche prochain, la révision de la décision de la Cour Internationale de Justice (CIJ) de février 2009 sur la frontière maritime romano-ukrainienne.

 

                En effet, il y a un an, la CIJ rendait une décision attendue sur la délimitation de la zone économique exclusive (ZEE) et du plateau continental en Mer Noire entre la Roumanie et l’Ukraine. Le litige portait notamment sur la souveraineté et sur la définition juridique (île ou rocher) de l’île du Serpent et sur les délimitations qui en découlent. L’enjeu majeur était principalement pétrolier (10 millions de tonnes de pétrole) et gazier (100 milliard de m3). Lorsque la décision fût rendue il y a un an tout juste (CIJ, Affaire relative à la délimitation maritime en Mer Noire, 3 février 2009), les diplomates des deux pays voisins avaient salué une décision juste et équitable. L’île du Serpent, bien qu’attribuée à l’Ukraine ne se voyait pas pourvue de tous les effets d’ordinaire données à une île en droit de la mer. Ainsi, chaque partie se voyait attribuée un espace maritime permettant de part et d’autre l’exploitation pétrolière, sans pour autant qu’une partie soit plus avantagée qu’une autre.   

 

185657912.jpg                Il est à craindre que l’annonce de mardi ne soit purement à visée électoraliste. La question de l’indépendance énergétique, notamment vis-à-vis de la Russie, est considérable dans le débat politique ukrainien. En effet, Mme Timochenko a fait son annonce en arguant que « le plateau continental de la Mer Noire, c’est notre indépendance économique et politique, c’est la puissance et la compétitivité de notre Etat. Aussi m’appliquerai-je à restaurer la justice […] envers l’Ukraine ».Sans que l’on est pour le moment plus de détails, il semblerait que son souhait soit d’obtenir un plus grand espace maritime ukrainien notamment autour de l’Ile du Serpent.

 

                Cette promesse risque d’être difficilement réalisable. Le Statut de la CIJ prévoit une procédure de révision dans son article 61. L’alinéa 1 prévoit qu’une révision peut être demandée « en raison de la découverte d'un fait de nature à exercer une influence décisive et qui, avant le prononcé de l'arrêt, était inconnu de la Cour et de la partie qui demande la révision, sans qu'il y ait, de sa part, faute à l'ignorer ». Dans plusieurs affaires de délimitations maritimes, il est arrivé que l’un des Etats partie demande la révision de l’arrêt. Ce fût le cas par exemple dans l’affaire du Plateau continental entre la Libye et la Tunisie (CIJ, Affaire du plateau continental, 24 février 1982) et de la délimitation entre le Honduras et le El Salvador (CIJ, Différend frontalier terrestre, insulaire et maritime, 11 septembre 1992). Dans les deux cas, la cour rendit un arrêt rejetant la demande de révision jugeant insuffisants les nouveaux faits rapportés.

 

Black-Sea-judgment.JPG                Les juristes ukrainiens devront donc faire preuve de beaucoup d’imagination pour obtenir la révision de l’arrêt de 2009. A côté de cela, il est surtout dommageable de voir qu’une décision de justice internationale soit une arme politique (notons le paradoxe suivant : Ioulia Timochenko était déjà le chef du gouvernement dont les représentants se sont réjouis de l’arrêt de la CIJ) qui pourrait s’avérer être à double tranchant. En invoquant la souveraineté économique de l’Ukraine et son indépendance énergétique pour demander une révision, la candidate Timochenko réaffirme d’une part son opposition à la politique pro-russe du candidat Ianoukovitch,  et d’autre part risque de provoquer une dégradation des relations entre la Roumanie et l’Ukraine (alors même que celles-ci s’étaient améliorées depuis la résolution du litige sur la mer Noire).

 

Jérémy DRISCH

 

Sources photos :

-          Ioulia Timochenko : Agence RIA Novosti

-          Carte : CIJ, Arrêt du 3 février 2009

Par Linium International - Publié dans : Chronique des délimitations - Communauté : Géopolitique
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Samedi 30 janvier 2010 6 30 /01 /2010 17:28

                Mercredi dernier (27 janvier 2010), le conseil des ministres a nommé chef d’Etat-major des armées françaises l’amiral Edouard Guillaud, ancien chef d’Etat-major particulier (ie conseiller militaire) de Jacques Chirac puis de Nicolas Sarkozy à l’Elysée. Il prendra ses fonctions le 25 février prochain, remplaçant ainsi le Général Jean-Louis Georgelin qui a atteint la limite d’âge.


       Mettre la  « Royale » à l’honneur n’est pas si fréquent dans le paysage militaire français et semble participer à un sursaut « maritimiste » des hommes politiques français et des français eux-mêmes. Le chef d’Etat-major des armées (CEMA) est en vertu du décret n° 2009-869 du 15 juillet 2009 le conseiller militaire du gouvernement, le responsable de l’emploi des forces armées et celui qui commande les opérations militaires. Ce poste clé est habituellement attribué à un général de l’armée de terre. En 50 ans, c’est le second amiral à devenir le plus haut responsable militaire français (pour rappel, le précédent était l’Amiral Lanxade, CEMA de 1991 à 1995).

 

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     Ceux qui le voudront pourront n’y voir qu’une coïncidence, mais il semblerait que la nomination de l’Amiral Edouard Guillaud fasse suite à un regain d’intérêt des autorités pour la mer. En effet, le grenelle de la mer qui s’achevait en juillet dernier avait poussé le président de la république à demander la publication d’un livre bleu sur la stratégie nationale pour la mer et les océans. C’est chose faite en décembre dernier, avec un livre bleu qui commence par définir la France comme « Grande nation maritime », faisant ainsi écho à l’affirmation de Richelieu : « Il semble que la nature ait voulu offrir l’empire de la mer à la France».  


De plus, la Marine voit sa place réaffirmée dans la mise en place d’une meilleure coordination des moyens et des hommes dans le cadre de l’action de l’Etat en mer (missions de sauvegarde et de sécurité maritime dans les eaux sous souveraineté française) et plus largement dans la mise en place d’une gestion intégrée des frontières extérieures de l’Union européenne (un article est en cours de préparation sur la création de la fonction « garde-côte » en France et sur cette gestion intégrée).


     Les géopoliticiens aiment à rappeler cette phrase de Sir Walter Raleigh « Celui qui commande la mer commande le commerce ; celui qui commande le commerce commande la richesse du monde, et par conséquent le monde lui-même » et les marins sont réputés fin géopoliticiens (le précédent Amiral CEMA en a fait la preuve en étant par ailleurs le fondateur de la Fondation Méditerranéenne d’Etudes Stratégiques). Pourtant les journaux rapportent ces derniers jours les propos de certains dans l’armée de terre qui doutent (vieilles querelles interarmées) des compétences d’un marin pour traiter des théâtres d’opération actuels (notamment l’Afghanistan). Le nouveau CEMA pourra certainement apporter une vision nouvelle à la situation afghane et il trouvera sur son bureau le dossier piraterie. Il sera donc certainement très attendu par le secteur maritime comme par les militaires engagés en opérations extérieures.


Jérémy DRISCH

Source image : SIRPA mer

Par Linium International - Publié dans : Actualité maritime - Communauté : Reportages marins
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Citation

"L'activité des hommes se tournera de plus en plus vers la recherche de l'exploitation de la mer, et naturellement, les ambitions des Etats chercheront à dominer la mer pour en contrôler les ressources" Général Charles de Gaulle, Brest, 2 février 1969

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