Citations

"La mer est un espace de rigueur et de liberté." Victor Hugo

 

"L'activité des hommes se tournera de plus en plus vers la recherche de l'exploitation de la mer, et naturellement, les ambitions des Etats chercheront à dominer la mer pour en contrôler les ressources" Général Charles de Gaulle, Brest, 2 février 1969

 

"On ne peut, sans la marine, ni soutenir la guerre ni profiter de la paix." Colbert

 

"Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts." Isaac Newton


"Qui tient la mer tient le commerce du monde, tient la richesse du monde; qui tient la richesse du monde tient le monde lui-même" Sir Walter Raleigh


"La mer présente l'aspect d'une grande route publique ou, mieux peut-être, d'une immense étendue de terrain banal, sur laquelle les voies se croisent dans tous les sens. Quelques-unes de ces voies bien tracées montrent, en outre, que le passage se fait dans certaines directions, choisies de préférence aux autres. Ces directions portent le nom de routes commerciales" Amiral Alfred Thayer Mahan


"La puissance maritime, c'est certain, entraîne la possession de points stratégiques, mais ce qui la constitue, en premier lieu, c'est la marine qui flotte" Amiral Alfred Thayer Mahan

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Vendredi 27 novembre 2009 5 27 /11 /2009 22:00

                Lorsqu’a été annoncée le 17 octobre dernier, la tenue d’un conseil des ministres sous-marin aux Maldives, le sujet pouvait prêter à sourire. Or l’audace du président des Maldives Mohammed Nasheed n’est que le reflet d’une vive inquiétude de nombreux Etats archipels dont l’existence même est menacée par la montée du niveau des mers.

 

En effet, les Maldives (composées de 1192 îles) sont le pays le plus proche du niveau de la mer : 2,1 mètres en moyenne. Si c’est l’un des Etats les plus menacés, ceux qu’on appelle les « Petits Etats Insulaires du Pacifique Sud » (PEIPS) comme l’Etat du Tuvalu n’ont pas moins de risques de disparaître.

 

Cette menace réelle qui ne peut être négligée lors du sommet sur le climat organisé à Copenhague par l’ONU en décembre, pose de nombreuses questions, intéressant non seulement les populations concernées mais aussi la communauté internationale. Deux questions se posent clairement :


                            - Quel statut pour les réfugiés climatiques ?


                            - Un Etat sans territoire peut-il encore exister ?


La première question est déjà largement discutée, mais doit mobiliser tous les Etats à commencer par les plus pollueurs.

 

La deuxième question ne paraît pas de prime abord très utile et pourtant elle rejoint complètement la première pour en poser une nouvelle : le déplacé climatique est-il un apatride ou un réfugié ? Le statut est complètement différent.

Loin des rêves de cryptarchies (on se rappellera du Royaume d’Araucanie-Patagonie ou encore de la plateforme Sealand), un Etat peut-il exister par son espace maritime. Les zones maritimes sous souveraineté des Etats ou sur lesquelles ceux-ci exercent des droits souverains se définissent en fonction des lignes de base (d’après l’article 5 de la convention de Montego Bay, « la laisse de basse mer le long de la côte, telle qu'elle est indiquée sur les cartes marines à grande échelle reconnues officiellement par l'Etat côtier. »). Or, une modification territoriale intervenant, la laisse de basse mer s’en trouve elle-même modifiée pour affecter ensuite les espaces maritimes comme la mer territoriale, la zone contigüe et la zone économique exclusive (et dans une certaine mesure, le plateau continental). La disparition du territoire terrestre entraîne la disparition de l’espace maritime qui en dépend. Pourtant, dans la situation des Maldives ou des PEIPS, nous nous trouvons face à des Etats Archipels (leurs zones maritimes, à commencé par les eaux archipélagiques sont immenses proportionnellement à leur espace terrestre) ce qui implique une multitude d’îles.

Or, les îles occupent une place à part dans la convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Celles-ci d’après l’article 121 § 1 sont « une étendue naturelle de terre entourée d'eau qui reste découverte à marée haute ».  Celles-ci peuvent avoir une mer territoriale, une ZEE ou un plateau continental sous réserve qu’elles se prêtent « à l’habitation humaine ou à une vie économique propre » (Article 121 § 3).

 

Il est fort possible que la montée des eaux n’engloutisse pas toutes les terres de ces Etats victimes du réchauffement climatique.  Imaginons, malgré les déplacements de population que certaines îles soient encore découvertes à marée haute avec un semblant d’habitation humaine (un phare, une station météorologique, etc.). Si l’Etat ne s’est pas de lui-même dissout ou s’il est encore reconnu par la communauté internationale, voici un Etat avec littoral mais sans réel territoire. L’Etat peut toujours tirer profit des ressources de ses espaces maritimes, même restreints. Cette manne serait non-négligeable pour subvenir aux besoins de populations déplacées.


Toutefois, un tel évènement, au-delà de ses seuls aspects juridiques (statut des déplacés climatiques et conditions juridiques d’existence de l’Etat) pose des problèmes d’ordre géopolitique graves. Le déplacement d’un Etat entier ne peut se faire sans heurts : qui accueille cette population (pour les Maldives, c’est presque 400 000 réfugiés potentiels)? Quelle place dans le pays d’accueil ? Ce serait toute la géopolitique du sous-continent indien et de l’Océan indien qui s’en trouverait bouleversée.

 



Jérémy DRISCH



 

sources images :

- Reuters/Gouvernement des Maldives

- Ministère des Affaires étrangères

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Par Linium International - Publié dans : Mer et environnement - Communauté : Mers et Océans
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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /2009 15:55

                In 2007, in Addis-Abeba (Ethiopia), the African Union set up a program called Bounder program. Two tasks were given to the program:  to prevent conflicts and to promote integration policies. At the time the program was launched only a quarter of Africans boundaries were defined.


Since its creation some programs were developed in borderlands.


Yesterday began in Accra (Ghana) a pan-African conference on maritime boundaries and on the continental shelf for the implementation of the African Union Bonder Program (known as AUBP). The conference was organized under the auspices of the AUBP and of the Republics of Ghana and of Norway. Many organizations were partners: the UNO Division of Ocean Affairs and Law of the Sea, the International Hydrographical Organization (IHO), the International Maritime Organization (IMO), the United Nations Environment Program (UNEP), the Commission on Limits of the Continental Shelf (CLCS), the International Tribunal on the Law of the Sea (ITLOS), the International Seabed Authority (ISA) and the International Oceanographic Commission (IOC).

Boundary experts from member countries of the African Union are meeting to come up with a policy for the demarcation of African land and of maritime boundaries.


It is important to note that the conference is taking place at a very important period. Indeed, some countries currently have troubles with their maritime boundaries. A current example, very relevant, is the situation between Angola and the Democratic Republic of the Congo. Indeed, last March, DRC’s Minister of Hydrocarbons decided to define their maritime boundaries. Since this announcement, the situation worsened. Angola and DRC started to deport citizens from the other country. On stakes are maritime spaces with hydrocarbons in the subsoil (for more information on the subject, see the article “Bruits de bottes à la frontiere RDC/Angola”).  


In the mean time, the convention on law of the sea allows States to extend their continental shelf beyond the 200 nautical Miles*. To extend this, they must submit the project to the Commission on Limits of the Continental Shelf. It is a new occasion for states to argue on the subject.


This meeting in Accra could prepare some experts to intervene for prevent conflicts.


Jérémy DRISCH


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Par Linium International - Publié dans : Actualité maritime - Communauté : GEOPOLITIQUES MONDIALES
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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /2009 00:02

                Dans un précédent article, nous analysions les raisons d’accrochages à répétition sur la frontière maritime intercoréenne (bataille navale intercoréenne).

 

L’agence de presse sud-coréenne Yonhap a annoncé ce matin l’attaque d’un navire nord-coréen par la marine du sud. En effet, un patrouilleur de la République Populaire Démocratique de Corée aurait franchi la « Northern Limit Line » (NLL) ce matin. Ignorant les coups de semonce de la marine sud-coréenne, le comportement du patrouilleur a provoqué un échange de tirs. Il n’y aurait eu aucune perte humaine, mais le navire de la RPDC est rentré avec de nombreuses avaries.

 

Rappelons que la NLL est contestée depuis l’armistice de 1953 par la RPDC.  Lorsque ses navires franchissent la ligne, elle prétend être dans ses eaux territoriales. De nouveaux incidents d’une plus ou moins grande intensité sont susceptibles d’arriver si un traité de paix n’est pas signé et des négociations sur les délimitations maritimes engagées.

 

Jérémy DRISCH

 

 

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Par Linium International - Publié dans : Actualité maritime - Communauté : Mers et Océans
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Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /2009 11:30
Voici un message de Laure Tallonneau, ingénieur d'étude à l'Université de Nantes. N'hésitez pas à transmettre l'information dans le milieu maritime.

JD

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L'Université de Nantes et le Centre de Droit Maritime et Océanique (CDMO) réalisent une étude destinée à identifier les difficultés auxquelles sont confrontées les femmes ayant une activité maritime. Nous les invitons pour cela à répondre à un questionnaire anonyme.

Si l’étude vous intéresse, vous pouvez me contacter par e-mail laure.tallonneau@univ-nantes.fr 
ou par téléphone au  02 40 14 17 42 et consulter notre site Internet  http://femmar.free.fr

Je vous remercie de votre collaboration,
A bientôt

LAURE TALLONNEAU


Par Linium International - Publié dans : Linium International - Communauté : Reportages marins
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Samedi 7 novembre 2009 6 07 /11 /2009 17:33

                 L’affaire opposant la Croatie à la Slovénie, deux anciennes républiques de la Fédération Soviétique de Yougoslavie aurait pu paraître anodine si l’enjeu sous-jacent n’avait pas été la question des frontières de l’Union européenne. Ces deux Etats se disputent au sujet de quatre petits hameaux et surtout au sujet de leurs délimitations maritimes.


Pour la Slovénie, il s’agit surtout d’assurer son accès à la haute-mer sans avoir à passer par les eaux croates, même si ces dernières sont théoriquement libres de passage en temps de paix.


L’objet du litige


                Le Golfe de Piran est un espace géographique bien particulier, dominé largement par les eaux italiennes et le port de Trieste. Faisant face à l’Italie, se trouvent la Croatie et la Slovénie qui se disputent les restes de cette partie de la mer Adriatique.

Ces deux pays ont hérité leurs frontières terrestres de l’ex-Yougoslavie. Sous l’égide des communautés européennes, la commission dite « Badinter » (la commission d’arbitrage pour la paix en Yougoslavie, créée le 27 août 1991 aura rendu 15 avis entre novembre 1991 et janvier 1993 sur les problèmes juridiques que posaient la sécession des républiques de l’ex Yougoslavie) avait réaffirmé le principe de l’intangibilité des frontières et de l’uti possidetis juris (« Comme vous avez possédé, vous continuerez à posséder »), transformant les anciennes frontières fédérales yougoslaves en frontières internationales. En ce qui concerne les frontières en mer, elles restent à délimiter étant donné l’existence auparavant d’une simple mer territoriale fédérale. La commission Badinter ne se prononça pas sur cette question.


La Croatie et la Slovénie proclament leur indépendance le 25 juin 1991. Les deux Etats doivent délimiter leur frontière maritime sans que cela n’aboutisse.


La Slovénie n’a que 47 km de littoral enclavé entre l’Italie et la Croatie. Très vite, la dispute va porter sur la fin exacte de la frontière terrestre et la délimitation en mer (de laquelle dépend l’accès ou non aux eaux internationales).


         Si les mers territoriales étaient délimitées selon une ligne strictement médiane*, la Slovénie n’aurait qu’une petite mer territoriale due à la concavité de sa côte.


Le traitement du litige


                La question des délimitations avec l’Italie avait été réglée du temps de la fédération de Yougoslavie. En effet, suite à la crise de Trieste entre les deux pays, avait été adopté le traité d’Osimo en 1975.

En 1994, le Parlement slovène annexe les hameaux de Burin, Mlini et Skrije. En 1996, des négociations bilatérales mènent à la signature d’un accord sur le tracé des frontières à l’exception d’une bande de 46 km. Un accord est signé en juillet 2001 au sujet de la frontière en mer. Cet accord prévoit un corridor slovène dans les eaux croates pour mener à la haute-mer. Ratifié par la Slovénie, cet accord n’est pas approuvé par le parlement croate.


Les conséquences :


               Par la suite, la Slovénie devient la première république de l’ancienne Yougoslavie à entrer dans l’Union européenne le 1er mai 2004. Ce pays à la transition économique exemplaire entre en 2007 dans l’espace Schengen (suppression des frontières intérieures de l’espace et report des contrôles aux frontières extérieures de l’Union européenne). Depuis quelques temps déjà, la Croatie a demandé son adhésion à l’Union européenne (dépôt de la candidature : février 2003 / reconnue candidat officiel par le conseil : 17 juin 2004 / ouverture des négociations : 3 octobre 2005). La réaction du parlement croate en 2001, aura eu pour conséquence l’abandon depuis 2004 du soutien slovène à la candidature croate et surtout l’opposition d’un véto de la Slovénie depuis le 18 décembre 2008 sur l’ouverture de certains chapitres des négociations UE / Croatie.


                La Croatie demande alors un arbitrage international sur la question de la délimitation maritime entre la Slovénie et la Croatie. Elle demande l’application pure et simple de la méthode de l’équidistance conformément à l’article 15 de la CMB. La Slovénie espère surtout l’application de l’accord de 2001.

                Un autre litige concernant les espaces maritimes avait provoqué une crise diplomatique entre les deux voisins. En 2003, la Croatie avait souhaité créer une zone de protection écologique et de pêche, à ne pas confondre avec une zone économique exclusive. L’objectif est avant tout de protéger les ressources marines (similaire à ce que la France avait jusqu’à aujourd’hui en Méditerranée). Pour autant, ce projet a provoqué une opposition de l’Italie et de la Slovénie considérant ce projet comme contraire au droit de la mer ou tout du moins à la philosophie du droit de la mer. En effet, la convention de Montego Bay sur le droit de la mer prévoit à l’article 123 une coopération des Etats riverains des mers fermées et semi-fermées (qui sont d’après l’article 122 « un golfe, un bassin ou une mer entourée par plusieurs Etats et relié à une autre mer ou à l'océan par un passage étroit, ou constitué, entièrement ou principalement, par les mers territoriales et les zones économiques exclusives de plusieurs Etats. »). La Croatie a finalement renoncé à son projet trop dénué d’esprit de coopération.


L’obtention d’un accord d’arbitrage

 

                Le 4 novembre dernier, les deux premiers ministres concernés ont signé après accord de leur parlement respectif un accord d’arbitrage pour trouver une solution au litige frontalier. Cette signature eut lieu en Suède qui a actuellement la présidence de l’Union européenne. La signature de ce texte rouvre les négociations d’adhésion de la Croatie à l’UE. Il s’agit là d’un nouveau départ dans les relations entre les deux pays qui réjouit tout le monde, à commencer par les Etats-Unis qui par la voix de sa secrétaire d’Etat Hilary Clinton, explique que « chaque partie est gagnante ».


L’avenir

 

     L’enjeu intéresse en effet les Etats-Unis. Au-delà du « simple » conflit frontalier, il s’agit des frontières même de l’Union européenne. L’élargissement de l’Union européenne joue en faveur de la vision géostratégique américaine et cela à l’encontre de l’intégration européenne. Plus l’Union s’agrandit moins le consensus et l’intégration sont possibles. L’élargissement à outrance empêche l’émergence d’une superpuissance européenne en concurrence directe avec les Etats-Unis.


      La sentence arbitrale à laquelle donnera lieu le contentieux Slovéno-Croate devra considérer seulement la situation antérieure à 1991. Les arbitres risquent de ne pas utiliser une stricte ligne médiane. Il est plus probable qu’à la vue de certaines circonstances spéciales (éléments macrogéographiques ou microgéographiques, des intérêts de défense et de sécurité, etc.), la ligne médiane de l’article 15 de la convention de Montego Bay se voit apporté quelques modifications plus favorable à la Slovénie (sans toutefois pallier complètement à son enclavement).


Il faut espérer que la situation s’améliore dans les mois qui viennent, mais les deux parties ont montré une volonté d’apaisement. La Slovénie a par exemple soutenu récemment l’adhésion de la Croatie à l’OTAN.


A côté de ça, il serait tout de même intéressant que l’Union européenne se pose une fois pour toute la question de ses frontières. Savoir où l’on va paraît primordiale si l’on veut continuer à construire l’Europe.



Jérémy DRISCH

Cartes :
1 : Application de la ligne médiane d'après la position Croate (source : ambassade de Croatie en France)
2 : Projet de création d'une zone de protection écologique et de pêche (source : ambassade de Croatie en France)
3 : Délimitations maritimes selon les termes de l'accord slovéno-croate de 2001 (source : in Joseph Krulic, "Le problème de la délimitation des frontières slovéno-croates dans le Golfe de Piran", Balkanologie, volume VI, n°1 et 2, décembre 2002)

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Par Linium International - Publié dans : Chronique des délimitations - Communauté : Géopolitique
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