"La mer est un espace de rigueur et de liberté." Victor Hugo
"L'activité des hommes se tournera de plus en plus vers la recherche de l'exploitation de la mer, et naturellement, les ambitions des Etats chercheront à dominer la mer pour en contrôler les ressources" Général Charles de Gaulle, Brest, 2 février 1969
"On ne peut, sans la marine, ni soutenir la guerre ni profiter de la paix." Colbert
"Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts." Isaac Newton
"Qui tient la mer tient le commerce du monde, tient la richesse du monde; qui tient la richesse du monde tient le monde lui-même" Sir Walter Raleigh
"La mer présente l'aspect d'une grande route publique ou, mieux peut-être, d'une immense étendue de terrain banal, sur laquelle les voies se croisent dans tous les sens. Quelques-unes de ces voies bien tracées montrent, en outre, que le passage se fait dans certaines directions, choisies de préférence aux autres. Ces directions portent le nom de routes commerciales" Amiral Alfred Thayer Mahan
"La puissance maritime, c'est certain, entraîne la possession de points stratégiques, mais ce qui la constitue, en premier lieu, c'est la marine qui flotte"
Amiral Alfred Thayer Mahan
Alors que les Antilles françaises s’enflammaient en février 2009, de nombreux comités de réclamation se sont formés dans les collectivités d’outre-mer dont le but était tout simplement d’obtenir une amélioration du coût de la vie. Saint-Pierre-et-Miquelon constitua ainsi son comité mais, la réclamation principale ne concernait pas le pouvoir d’achat ! Non, il s’agissait pour les habitants de l’archipel de demander l’extension du plateau continental* au-delà des 200 milles nautiques*. En effet, la France était en train de finaliser son programme Extraplac visant à l’extension du PC en métropole et à l’outre-mer, lui permettant d’en obtenir près d’un million de km2. A priori, toutes les zones du globe où la France exerce sa souveraineté étaient concernées. Pourtant, la date limite pour le dépôt des dossiers à la commission des limites du plateau continental était le 13 mai 2009 et certaines extensions n’avaient pas été proposées. C’est le cas par exemple, de l’extension autour des îles Eparses, territoires dont la souveraineté française est contestée par Madagascar et pour l’une des îles par l’Ile Maurice.
Saint-Pierre-et-Miquelon fait parti de ces endroits où l’extension ne souhaitait pas être demandée par la France.
Pourquoi ?
L’archipel, dernier vestige de la nouvelle France, de l’Empire français des Amériques, sentinelle du désert des Tartares en attendant que la fin inéluctable n’arrive, est au cœur d’un problème épineux. D’un côté, nous avons ces îles, proches des côtes du Canada et dont les habitants n’ont vécu que de la pêche et cela depuis toujours. De l’autre côté, nous avons un immense pays, le Canada qui semble regarder avec dédain ce petit bout de terre perdu dans sa mer territoriale. La France dans tout cela, ne sait pas trop comment développer Saint-Pierre et Miquelon sans porter atteinte à la souveraineté du Canada. En effet, l’archipel fût déjà l’occasion pour les deux Etats de s’affronter. A l’époque, il était question de délimiter les frontières maritimes entre les deux Etats. Les deux parties n’arrivaient pas à parvenir à un accord et il fut donc demandé à un tribunal arbitral de trancher le litige (la France n’a jamais eu confiance dans la cour internationale de justice). Réunis en 1992 à New-York, les arbitres internationaux rendirent une sentence arbitrale qui est, de l’avis de beaucoup, en défaveur de la France et surtout des habitants de Saint-Pierre et Miquelon. En effet, la forme étrange de la Zone Economique Exclusive* française à Saint-Pierre est d’une originalité qui ne permit pas le développement de la pêche (au contraire, les conséquences furent fâcheuses) et de l’offshore pétrolier (en effet, la région possède quelques gisements d’hydrocarbures, dont la plupart se trouvent dans les eaux canadiennes).
source : Christian Fleury, « Saint-Pierre et Miquelon, îles frontière », Norois, 190 | 2004/1, [En ligne], mis en ligne le 01 septembre 2008. URL : http://norois.revues.org/index68.html
(à suivre)