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Chronique des délimitations

Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /2010 23:32

                L’agence de presse russe RIA Novosti annonçait mardi dernier (02/02) la volonté de l’actuel Premier Ministre ukrainien, Madame Ioulia Timochenko également candidate à la présidentielle, de demander en cas de victoire dimanche prochain, la révision de la décision de la Cour Internationale de Justice (CIJ) de février 2009 sur la frontière maritime romano-ukrainienne.

 

                En effet, il y a un an, la CIJ rendait une décision attendue sur la délimitation de la zone économique exclusive (ZEE) et du plateau continental en Mer Noire entre la Roumanie et l’Ukraine. Le litige portait notamment sur la souveraineté et sur la définition juridique (île ou rocher) de l’île du Serpent et sur les délimitations qui en découlent. L’enjeu majeur était principalement pétrolier (10 millions de tonnes de pétrole) et gazier (100 milliard de m3). Lorsque la décision fût rendue il y a un an tout juste (CIJ, Affaire relative à la délimitation maritime en Mer Noire, 3 février 2009), les diplomates des deux pays voisins avaient salué une décision juste et équitable. L’île du Serpent, bien qu’attribuée à l’Ukraine ne se voyait pas pourvue de tous les effets d’ordinaire données à une île en droit de la mer. Ainsi, chaque partie se voyait attribuée un espace maritime permettant de part et d’autre l’exploitation pétrolière, sans pour autant qu’une partie soit plus avantagée qu’une autre.   

 

185657912.jpg                Il est à craindre que l’annonce de mardi ne soit purement à visée électoraliste. La question de l’indépendance énergétique, notamment vis-à-vis de la Russie, est considérable dans le débat politique ukrainien. En effet, Mme Timochenko a fait son annonce en arguant que « le plateau continental de la Mer Noire, c’est notre indépendance économique et politique, c’est la puissance et la compétitivité de notre Etat. Aussi m’appliquerai-je à restaurer la justice […] envers l’Ukraine ».Sans que l’on est pour le moment plus de détails, il semblerait que son souhait soit d’obtenir un plus grand espace maritime ukrainien notamment autour de l’Ile du Serpent.

 

                Cette promesse risque d’être difficilement réalisable. Le Statut de la CIJ prévoit une procédure de révision dans son article 61. L’alinéa 1 prévoit qu’une révision peut être demandée « en raison de la découverte d'un fait de nature à exercer une influence décisive et qui, avant le prononcé de l'arrêt, était inconnu de la Cour et de la partie qui demande la révision, sans qu'il y ait, de sa part, faute à l'ignorer ». Dans plusieurs affaires de délimitations maritimes, il est arrivé que l’un des Etats partie demande la révision de l’arrêt. Ce fût le cas par exemple dans l’affaire du Plateau continental entre la Libye et la Tunisie (CIJ, Affaire du plateau continental, 24 février 1982) et de la délimitation entre le Honduras et le El Salvador (CIJ, Différend frontalier terrestre, insulaire et maritime, 11 septembre 1992). Dans les deux cas, la cour rendit un arrêt rejetant la demande de révision jugeant insuffisants les nouveaux faits rapportés.

 

Black-Sea-judgment.JPG                Les juristes ukrainiens devront donc faire preuve de beaucoup d’imagination pour obtenir la révision de l’arrêt de 2009. A côté de cela, il est surtout dommageable de voir qu’une décision de justice internationale soit une arme politique (notons le paradoxe suivant : Ioulia Timochenko était déjà le chef du gouvernement dont les représentants se sont réjouis de l’arrêt de la CIJ) qui pourrait s’avérer être à double tranchant. En invoquant la souveraineté économique de l’Ukraine et son indépendance énergétique pour demander une révision, la candidate Timochenko réaffirme d’une part son opposition à la politique pro-russe du candidat Ianoukovitch,  et d’autre part risque de provoquer une dégradation des relations entre la Roumanie et l’Ukraine (alors même que celles-ci s’étaient améliorées depuis la résolution du litige sur la mer Noire).

 

Jérémy DRISCH

 

Sources photos :

-          Ioulia Timochenko : Agence RIA Novosti

-          Carte : CIJ, Arrêt du 3 février 2009

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Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /2010 11:41

               Dans un précédent article, nous évoquions le souhait du Bangladesh de porter devant un tribunal arbitral le différend concernant les frontières maritimes entre le Bangladesh, le Myanmar (Birmanie) et l’Inde dans le Golfe du Bengale. Au final, la République populaire du Bangladesh s’est rendue compte que l’Union du Myanmar avait tout comme elle, reconnue la compétence du Tribunal international du droit de la mer pour traiter des différends relatif au droit de la mer. L’instance a été introduite devant le tribunal le 14 décembre dernier.

 

itlos.jpg                 Si l’instance se poursuit jusqu’au bout, il s’agira alors d’une nouveauté non-négligeable. En effet, c’est la première fois que cette juridiction est choisie pour traiter d’un tel litige. Le tribunal institué par la convention des Nations-Unies de Montego Bay sur le droit de la mer avait mis en place une chambre spéciale permanente pour le règlement des différends relatifs à la délimitation maritime en mai 2007. Cette chambre est constituée de huit juges, dont le français Jean-Pierre Cot. Cet ancien ministre français se plaignait récemment dans le journal La Croix du manque d’activité de ce tribunal très spécialisé. Voilà qui devrait le satisfaire tant le dossier est important. Ce tribunal plus habitué aux litiges liés aux promptes mains levées sur les navires va devoir faire ses preuves dans un domaine largement dominé par la Cour Internationale de Justice (la première affaire de la CIJ dans le domaine des délimitations maritimes datant de 1969) et les tribunaux d’arbitrage.

 

                En matière de délimitation maritime, la jurisprudence a énormément évoluée depuis 1969 notamment sous l’influence de la convention de Montego Bay de 1982. Malgré quelques différences, les sentences arbitrales et les arrêts de la Cour Internationale de Justice ont permis de créer un véritable droit des délimitations maritimes. Les sentences arbitrales ont parfois par leurs innovations influencées la cour, sans que ces différences créent une bivalence de ce droit. Le tribunal international du droit de la mer est le troisième mode de règlement des différends possible pour les Etats. La question qui se pose est de savoir si cette juridiction va suivre la jurisprudence existante ou s’écarter un peu pour marquer son originalité et surtout s’affirmer en tant que tribunal spécialisé du droit de la mer.

 welcome.jpg

                Il est difficile de répondre dès maintenant à cette question. Pourtant plusieurs indices pourraient permettre de faire pencher la balance dans un sens ou dans un autre. Signalons tout d’abord, la présence au Tribunal de Hambourg de Monsieur Cot, qui participa en tant que juge ad hoc à la Cour Internationale de Justice dans l’affaire de la Mer Noire (Roumanie vs Ukraine), et fût le conseiller de plusieurs Etats dans des affaires de délimitations maritimes. Une bonne connaissance de ces contentieux devrait empêcher les audaces jurisprudentielles de la part du Tribunal. D’autre part, si les juges ont un souci de sécurité juridique, ils ne devraient pas trop s’écarter du droit des délimitations tel qu’on le connaît à l’heure actuelle.

 

Jérémy Drisch

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Mercredi 23 décembre 2009 3 23 /12 /2009 15:32

           Le 4 décembre dernier, les ministres des Affaires étrangères tunisien et algérien (respectivement Messieurs Abdelwaheb Abdallah et Mourad Medelci) se sont rencontrés pour négocier plusieurs accords et ils ont notamment signé une convention portant délimitation des frontières maritimes entre la Tunisie et l’Algérie.


            La Tunisie est un pays qui a toujours cherché à avoir des relations pacifiques avec ses voisins, malgré quelques litiges occasionnels. En effet, la frontière terrestre qui s’étend sur environ 965 km a été l’objet d’un long litige, commencé en 1983 et résolu 10 ans plus tard, en 1993. Le bornage fût lui achevé en 1995.


Côté maritime, les frontières ont surtout posé problème avec le voisin libyen. Effectivement, la cour internationale de justice a dû se prononcer en 1982 sur la délimitation du plateau continental entre les deux Etat, dont l’enjeu majeur était avant tout pétrolier. Ce conflit est  a priori entièrement résolu.


         P1080696.JPG    Pour la Tunisie, il ne restait donc plus qu’à résoudre le problème de la délimitation entre les eaux tunisiennes et algériennes. Un accord provisoire avait été signé le 11 février 2002 entre les deux voisins (Accord sur les arrangements provisoires relatifs à la délimitation des frontières) instaurant une frontière maritime basée sur l’équidistance (pour rappel, d’après l’article 15 de la Convention de Montego Bay, il s’agit de la «ligne médiane dont tous les points sont équidistants des points les plus proches des lignes de base à partir desquelles est mesurée la largeur de la mer territoriale de chacun des deux Etats »).  Cet accord était prévu pour une durée de six ans reconductible.

C’est finalement au terme de cette première période de transition qu’a été adopté un accord définitif portant délimitation des frontières maritimes entre la Tunisie et l’Algérie. Cette convention du 4 décembre 2009 montre que les relations entre ces deux pays ne cessent de s’améliorer.


           Cet accord qui pourrait paraître anodin est au final significatif sur deux plans. Au niveau de l’espace maghrébin, il fait évoluer les questions frontalières laissant le Maroc seul puisque la frontière Algéro-marocaine reste depuis 1994 complètement fermée. Les relations algéro-marocaines ne cessent de ralentir le processus de coopération régionale (citons par exemple le fait que l’Union du Maghreb arabe reste paralysée par les relations difficiles entre les deux voisins). Au niveau de l’espace méditerranéen, il s’agit aussi de la réduction du nombre de litiges liés aux délimitations maritimes. Le bassin méditerranéen connait un certain nombre de contentieux parmi les plus délicats (comme c’est le cas en Mer Egée, autour de l’île de Chypre ou des eaux israéliennes). Certains, comme le contentieux entre la Croatie et la Slovénie sont en voix de résolution. A l’heure de la construction d’une Union pour la Méditerranée, il s’agit d’un petit pas important vers une pacification des relations entre riverains de cet espace quasi fermé.

 

Jérémy DRISCH

 

 


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Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /2009 23:44

     It seems that the waters of the Gulf of Bengal have not been a peaceful place since the separation of Bangladesh from India (60 years ago) and its independence (40 years ago). One of the poorest countries could be the victim of its envious neighbors. Actually the Bangladesh authorities think that India and Myanmar (also known as Burma) exploit those waters and the subsoil of the Gulf.


The Gulf is a place where no maritime boundaries have been decided. Nevertheless, India and Myanmar did not hesitate in signing gas and oil exploitations contracts. This complex situation sometimes led to negative consequences.

 

      In 2008 a South Korean exploration ship sailed through the Gulf under the protection of a Myanmar ship. A couple of week later the same protection was organized for an Indian ship.

Since 2008 the situation grew more complex. Concerning Burma, the junta sent military forces near the border land and the Burmese navy placed its ships close to a disputed area.

As a response, four Bangladeshi warships were sent in the disputed area. In the mean time, Bangladesh endorsed the leasing out of three exploitation blocks to Conoco Philips and Tullow Oil plc for offshore oil and gas exploration.


     For Bangladesh, as we said one of the poorest countries of the world, the main task is to have gain an access to oil and gas in the gulf. Without maritime boundaries it is hard for exploration companies to determine who the sovereign State of a maritime space is.


It is not the first issue that arises concerning boundaries between India and Bangladesh. The land boundary between them is a wall of barbwires. Three reasons due to the regional geopolitical situation can explain that: the fight against illegal immigration, drugs traffics and the fight to prevent terrorist transits or freedom fighters moving.


      Bangladesh will now go to a United Nations arbitration Court for the resolution of the dispute over its maritime boundaries with Myanmar and India. Each of them ratified the United Nations Convention on the Law of the Sea. According to this convention an arbitration court can be created in order to settle a dispute on Maritime boundaries (and other questions concerning the Law of the sea).

Bangladeshi authorities tried to negotiation method some years ago but they came to naught, thus opening the way to an arbitration procedure -the only thing this country can do. For this Bangladesh hired Foley Hoag, a US lawyer firm.


Jérémy DRISCH

 

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Samedi 7 novembre 2009 6 07 /11 /2009 17:33

                 L’affaire opposant la Croatie à la Slovénie, deux anciennes républiques de la Fédération Soviétique de Yougoslavie aurait pu paraître anodine si l’enjeu sous-jacent n’avait pas été la question des frontières de l’Union européenne. Ces deux Etats se disputent au sujet de quatre petits hameaux et surtout au sujet de leurs délimitations maritimes.


Pour la Slovénie, il s’agit surtout d’assurer son accès à la haute-mer sans avoir à passer par les eaux croates, même si ces dernières sont théoriquement libres de passage en temps de paix.


L’objet du litige


                Le Golfe de Piran est un espace géographique bien particulier, dominé largement par les eaux italiennes et le port de Trieste. Faisant face à l’Italie, se trouvent la Croatie et la Slovénie qui se disputent les restes de cette partie de la mer Adriatique.

Ces deux pays ont hérité leurs frontières terrestres de l’ex-Yougoslavie. Sous l’égide des communautés européennes, la commission dite « Badinter » (la commission d’arbitrage pour la paix en Yougoslavie, créée le 27 août 1991 aura rendu 15 avis entre novembre 1991 et janvier 1993 sur les problèmes juridiques que posaient la sécession des républiques de l’ex Yougoslavie) avait réaffirmé le principe de l’intangibilité des frontières et de l’uti possidetis juris (« Comme vous avez possédé, vous continuerez à posséder »), transformant les anciennes frontières fédérales yougoslaves en frontières internationales. En ce qui concerne les frontières en mer, elles restent à délimiter étant donné l’existence auparavant d’une simple mer territoriale fédérale. La commission Badinter ne se prononça pas sur cette question.


La Croatie et la Slovénie proclament leur indépendance le 25 juin 1991. Les deux Etats doivent délimiter leur frontière maritime sans que cela n’aboutisse.


La Slovénie n’a que 47 km de littoral enclavé entre l’Italie et la Croatie. Très vite, la dispute va porter sur la fin exacte de la frontière terrestre et la délimitation en mer (de laquelle dépend l’accès ou non aux eaux internationales).


         Si les mers territoriales étaient délimitées selon une ligne strictement médiane*, la Slovénie n’aurait qu’une petite mer territoriale due à la concavité de sa côte.


Le traitement du litige


                La question des délimitations avec l’Italie avait été réglée du temps de la fédération de Yougoslavie. En effet, suite à la crise de Trieste entre les deux pays, avait été adopté le traité d’Osimo en 1975.

En 1994, le Parlement slovène annexe les hameaux de Burin, Mlini et Skrije. En 1996, des négociations bilatérales mènent à la signature d’un accord sur le tracé des frontières à l’exception d’une bande de 46 km. Un accord est signé en juillet 2001 au sujet de la frontière en mer. Cet accord prévoit un corridor slovène dans les eaux croates pour mener à la haute-mer. Ratifié par la Slovénie, cet accord n’est pas approuvé par le parlement croate.


Les conséquences :


               Par la suite, la Slovénie devient la première république de l’ancienne Yougoslavie à entrer dans l’Union européenne le 1er mai 2004. Ce pays à la transition économique exemplaire entre en 2007 dans l’espace Schengen (suppression des frontières intérieures de l’espace et report des contrôles aux frontières extérieures de l’Union européenne). Depuis quelques temps déjà, la Croatie a demandé son adhésion à l’Union européenne (dépôt de la candidature : février 2003 / reconnue candidat officiel par le conseil : 17 juin 2004 / ouverture des négociations : 3 octobre 2005). La réaction du parlement croate en 2001, aura eu pour conséquence l’abandon depuis 2004 du soutien slovène à la candidature croate et surtout l’opposition d’un véto de la Slovénie depuis le 18 décembre 2008 sur l’ouverture de certains chapitres des négociations UE / Croatie.


                La Croatie demande alors un arbitrage international sur la question de la délimitation maritime entre la Slovénie et la Croatie. Elle demande l’application pure et simple de la méthode de l’équidistance conformément à l’article 15 de la CMB. La Slovénie espère surtout l’application de l’accord de 2001.

                Un autre litige concernant les espaces maritimes avait provoqué une crise diplomatique entre les deux voisins. En 2003, la Croatie avait souhaité créer une zone de protection écologique et de pêche, à ne pas confondre avec une zone économique exclusive. L’objectif est avant tout de protéger les ressources marines (similaire à ce que la France avait jusqu’à aujourd’hui en Méditerranée). Pour autant, ce projet a provoqué une opposition de l’Italie et de la Slovénie considérant ce projet comme contraire au droit de la mer ou tout du moins à la philosophie du droit de la mer. En effet, la convention de Montego Bay sur le droit de la mer prévoit à l’article 123 une coopération des Etats riverains des mers fermées et semi-fermées (qui sont d’après l’article 122 « un golfe, un bassin ou une mer entourée par plusieurs Etats et relié à une autre mer ou à l'océan par un passage étroit, ou constitué, entièrement ou principalement, par les mers territoriales et les zones économiques exclusives de plusieurs Etats. »). La Croatie a finalement renoncé à son projet trop dénué d’esprit de coopération.


L’obtention d’un accord d’arbitrage

 

                Le 4 novembre dernier, les deux premiers ministres concernés ont signé après accord de leur parlement respectif un accord d’arbitrage pour trouver une solution au litige frontalier. Cette signature eut lieu en Suède qui a actuellement la présidence de l’Union européenne. La signature de ce texte rouvre les négociations d’adhésion de la Croatie à l’UE. Il s’agit là d’un nouveau départ dans les relations entre les deux pays qui réjouit tout le monde, à commencer par les Etats-Unis qui par la voix de sa secrétaire d’Etat Hilary Clinton, explique que « chaque partie est gagnante ».


L’avenir

 

     L’enjeu intéresse en effet les Etats-Unis. Au-delà du « simple » conflit frontalier, il s’agit des frontières même de l’Union européenne. L’élargissement de l’Union européenne joue en faveur de la vision géostratégique américaine et cela à l’encontre de l’intégration européenne. Plus l’Union s’agrandit moins le consensus et l’intégration sont possibles. L’élargissement à outrance empêche l’émergence d’une superpuissance européenne en concurrence directe avec les Etats-Unis.


      La sentence arbitrale à laquelle donnera lieu le contentieux Slovéno-Croate devra considérer seulement la situation antérieure à 1991. Les arbitres risquent de ne pas utiliser une stricte ligne médiane. Il est plus probable qu’à la vue de certaines circonstances spéciales (éléments macrogéographiques ou microgéographiques, des intérêts de défense et de sécurité, etc.), la ligne médiane de l’article 15 de la convention de Montego Bay se voit apporté quelques modifications plus favorable à la Slovénie (sans toutefois pallier complètement à son enclavement).


Il faut espérer que la situation s’améliore dans les mois qui viennent, mais les deux parties ont montré une volonté d’apaisement. La Slovénie a par exemple soutenu récemment l’adhésion de la Croatie à l’OTAN.


A côté de ça, il serait tout de même intéressant que l’Union européenne se pose une fois pour toute la question de ses frontières. Savoir où l’on va paraît primordiale si l’on veut continuer à construire l’Europe.



Jérémy DRISCH

Cartes :
1 : Application de la ligne médiane d'après la position Croate (source : ambassade de Croatie en France)
2 : Projet de création d'une zone de protection écologique et de pêche (source : ambassade de Croatie en France)
3 : Délimitations maritimes selon les termes de l'accord slovéno-croate de 2001 (source : in Joseph Krulic, "Le problème de la délimitation des frontières slovéno-croates dans le Golfe de Piran", Balkanologie, volume VI, n°1 et 2, décembre 2002)

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"L'activité des hommes se tournera de plus en plus vers la recherche de l'exploitation de la mer, et naturellement, les ambitions des Etats chercheront à dominer la mer pour en contrôler les ressources" Général Charles de Gaulle, Brest, 2 février 1969

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