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"La mer est un espace de rigueur et de liberté." Victor Hugo

 

"L'activité des hommes se tournera de plus en plus vers la recherche de l'exploitation de la mer, et naturellement, les ambitions des Etats chercheront à dominer la mer pour en contrôler les ressources" Général Charles de Gaulle, Brest, 2 février 1969

 

"On ne peut, sans la marine, ni soutenir la guerre ni profiter de la paix." Colbert

 

"Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts." Isaac Newton


"Qui tient la mer tient le commerce du monde, tient la richesse du monde; qui tient la richesse du monde tient le monde lui-même" Sir Walter Raleigh


"La mer présente l'aspect d'une grande route publique ou, mieux peut-être, d'une immense étendue de terrain banal, sur laquelle les voies se croisent dans tous les sens. Quelques-unes de ces voies bien tracées montrent, en outre, que le passage se fait dans certaines directions, choisies de préférence aux autres. Ces directions portent le nom de routes commerciales" Amiral Alfred Thayer Mahan


"La puissance maritime, c'est certain, entraîne la possession de points stratégiques, mais ce qui la constitue, en premier lieu, c'est la marine qui flotte" Amiral Alfred Thayer Mahan

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Chronique des délimitations

Dimanche 6 juin 2010 7 06 /06 /2010 23:06


51,5% des slovènes ont voté oui lors du référundum sur l'accord d'arbitrage concernant le litige frontalier entre la Slovénie et la Croatie. Ce "oui" rouvre ainsi la voie de l'adhésion de la Croatie à l'Union européenne.

 

P.S.: 48,5% des slovènes ont voté non

 

J.D.

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Dimanche 6 juin 2010 7 06 /06 /2010 15:49

                Les 1,7 millions d’électeurs slovènes sont invités à se rendre aux urnes aujourd’hui, Dimanche 6 juin 2010, pour se prononcer pour ou contre l’accord signé entre la Croatie et la Slovénie prévoyant une procédure d’arbitrage international pour le règlement du contentieux sur la délimitation de la frontière maritime dans le golfe de Trieste.

 

                Ce litige opposant les deux voisins date de l’explosion de l’ex-Yougoslavie (cf. 1er article sur ce president-slovene-Danilo-Turk.jpg contentieux). La configuration des côtes étant si particulière, que si l’on appliquait la règle souvent utilisée dite de l’équidistance, la mer territoriale slovène serait extrêmement réduite et enclavée entre les espaces maritimes italiens et croates sans aucun accès à la haute-mer. Les deux voisins n’ont jamais réellement réussi à s’entendre sur ce litige. La Slovénie ayant adhéré à l’Union européenne en 2004, bloque désormais la demande d’adhésion de son voisin croate tant que la question des frontières maritimes n’est pas réglée. Sous l’égide de la présidence suédoise de l’Union européenne, un accord prévoyant le recours à l’arbitrage international avait été trouvé le 4 novembre dernier. Les parlements des deux voisins ont ratifié récemment l’accord, mais le gouvernement Slovène a souhaité poser la question aux slovènes par référendum (tout en les invitant à voter oui).

 

                L’usage du référendum est dangereux dans cette situation. Les nationalistes et la droite appellent à voter non (alors qu’il paraît naturel pour toute nation de définir l’espace sur lequel elle exerce sa souveraineté). Si le non l’emporte, l’adhésion croate sera certainement remise à plus tard, et la situation politique interne en Slovénie risque d’être tendue.

 

Les résultats sont attendus pour la fin de journée.  A suivre…

 

Jérémy DRISCH

 

Source photo : AFP, président slovène Danilo Turk (partisan de l'accord d'arbitrage)

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Lundi 17 mai 2010 1 17 /05 /2010 22:45

                Si la crise économique grecque de ces dernières semaines devait avoir des conséquences bénéfiques pour le pays, c’est sur le plan des relations bilatérales avec la Turquie, son meilleur ennemi depuis l’indépendance de la Grèce en 1831. En effet, la crise pousse la Grèce, et dans une moindre mesure, la Turquie, à réduire les postes de dépense les plus importants, comme celui de la défense. Le budget militaire grec est le plus important de l’Union européenne, représentant ces dernières années, près de 5,6% du PIB du pays soit 13,4 milliards d’euros. Ces dépenses exorbitantes dans le domaine militaire sont la conséquence directe des relations tendues entre les deux voisins. En effet, en cinquante ans, les deux pays ont failli entrer en guerre à plusieurs reprises (dont la dernière fois, en 1996, au sujet de la souveraineté sur une île de la mer Egée). Les motifs : contentieux au sujet de la mer territoriale et du plateau continental en Mer Egée ; conflit autour de la question chypriote (que nous traiterons lors d’un autre article pour son volet maritime) ; lutte contre l’immigration clandestine.

 

GE Mer Egée            Ces querelles ont de nombreuses conséquences sur le plan européen. Tout d’abord, le dossier chypriote bloque de nombreux pays européen dans les négociations pour l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Ensuite, le comportement turque en mer Egée a des répercutions sur les missions menées par l’agence européenne FRONTEX dans sa lutte contre l’immigration clandestine. La Turquie contestant la délimitation de l’espace aérien grec, certains appareils ont maille à partir avec l’armée de l’air et la marine turque.

 

            Un premier pas vient d’être effectué avec la visite ce week-end du Premier Ministre Turque, Recep Tayyip Erdogan à Athène, pour rencontrer son homologue George Papandréou. Il a été accompagné pour cela  par une délégation de 10 ministres et 80 hommes d’affaires. Une série d’accord est en prévision pour les mois qui viennent et des négociations devraient être engagées pour traiter des dossiers brûlants (à commencer par le contentieux en mer Egée). Lors d’une conférence de presse bilatérale, Erdogan a d’ailleurs affirmé que "Nous ne souhaitons pas voir la mer Egée comme une mer qui nous sépare. Nous voulons voir l'Egée comme un océan de paix".

 

               Le conflit concernant la Mer Egée est certainement l’un des dossiers les plus brulants à régler pour les deux voisins. Il s’agit d’une des affaires de délimitations maritimes les plus compliquées qui nécessitera certainement une dose d’imagination importante de la part des juristes turques et grecques.
Cette mer est composée d’un chapelet d’îles et d’îlots appartenant pour la plus grande part à la Grèce. Cela n’a jamais été remis en question à quelques exceptions près (en 1995 et 1996 pour les îles d’Imia/Kardak et Gavdos). Pourtant certains de ces îles et îlots sont très proches de la côte turque sur la Mer Egée.

Le conflit de la Mer Egée comprend deux volets principaux : la question du plateau continental et la question des eaux territoriales.

              La première étape de ce contentieux fut la découverte en 1973 d’hydrocarbures au large de Thasos Mer Egéedans une zone située entre les îles grecques de Lemnos, Skiros et Lesbos, en dehors des eaux territoriales des deux voisins. Novembre 1973, le gouvernement turc accorde (sans aucun fondement juridique) des permis de recherche d’hydrocarbures à une société turque. En 1974, la Turquie réitère  et revendique dans le même temps une zone de plateau continental située entre les îles grecques du Dodécanèse et des Cyclades. Pour régler le problème de la délimitation du plateau continental, la Grèce avait porté l’affaire devant la Cour Internationale de Justice (CIJ) en août 1976. La Turquie avait contesté la compétence de la Cour et n’avait par conséquent pas fourni ses arguments. La CIJ s’est donc déclaré incompétente dans un arrêt du 19 décembre 1978, laissant le problème en suspend. La Turquie a toujours refusé de soumettre le litige à une juridiction internationale.

 

              La deuxième étape du litige dans cet espace géographique si particulier est apparue lors des négociations de la 3ème conférence des Nations-Unis sur le Droit de la mer qui devait aboutir à la signature de la convention de Montego Bay du 10 décembre 1982. Le nouveau droit de la mer permet, avec cette convention, l’extension de la mer territoriale jusqu’à 12 milles nautiques, qui jusque là  s’étendait à 6 milles nautiques. Cette nouvelle extension est refusée depuis lors par Ankara. En effet, avec des eaux territoriales à 6mn les grecs exercent leur souveraineté sur 43,5% de la Mer Egée et les turcs sur 7,5%. Si les deux voisins appliquaient la limite des 12mn, la Grèce serait souveraine sur 71,5% de la Mer Egée, et les turcs sur 8,7%, voyant ainsi l’espace de haute-mer (« eaux internationales ») passer de 49% à 19,7%. La Turquie a toujours affirmé que si la Grèce étend ses eaux à 12mn, il s’agira d’un casus belli. Notons que malgré cette contestation de la convention de Montego Bay, les turcs ont dès 1982 fixé leurs eaux territoriales à 12mn en Mer Noire et face à Chypre…

 

La question de la délimitation des espaces maritimes a eu des conséquences sur la délimitation de la zone économique exclusive et de l’espace aérien. Théoriquement, l’espace aérien est la colonne d’air au dessus du territoire terrestre et de la mer territoriale, or la Grèce a fait le choix d’étendre son espace aérien à 10mn des terres pour des raisons de sécurité aérienne. De fait, cette décision a entraîné de nombreux accrochages aériens ces dernières années entre les armées de l’air des deux voisins. Le plus dramatique dans cette histoire, reste le fait que les moyens aériens et nautiques prêtés par les Etats européens pour les missions de l’Agence FRONTEX dans sa lutte contre l’immigration clandestine en mer Egée soient les premières victimes de ces querelles.

 

                  Si les deux pays s’engagent sur la voie de la négociation pour régler ces différends, il leur faudra faire preuve d’audace et d’imagination. Si par hasard, cette délimitation revenait à une cour internationale, les juges feraient certainement appel à la notion de circonstances spéciales en atténuant le rôle des îles dans la délimitation (ce fût notamment le cas dans l’affaire de la délimitation entre la France et le Royaume-Uni avec le problème des îles Anglo-normandes).

 

Jérémy DRISCH

 

Retrouvez la carte au format PDF : Contentieux de la Mer Egée

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Lundi 10 mai 2010 1 10 /05 /2010 23:25

(Ceci est une deuxième version de l'article "Mer de Barents, récents développements dans le litige russo-norvégien". En effet, les traductions françaises de la conférence de presse du 27 avril dernier russo-norvégienne ont confondu "délimitation des mers territoriales" et "frontière maritime" -incluant le plateau continental et la ZEE. Le premier article faisait remarquer à tort qu'il s'agissait d'un accord a minima -et raillait les journalistes qui saluaient un accord historique-, tandis que le deuxième permet de comprendre en quoi cet accord est historique -et en quoi les journalistes français sont de mauvais traducteurs....)

 

 

                Depuis plus de 60 ans, la Russie et la Norvège s’opposent en Mer de Barents sur la délimitation de leurs espaces maritimes (mer territoriale, zone économique exclusive et plateau continental).


Fin avril dernier, les dirigeants russes et norvégiens ont déclaré que le litige concernant leur frontière maritime en Mer de Barents allait être réglé d’ici peu. Les deux Etats seraient parvenus à un accord sur le partage des eaux qui soit équitable et équilibré. Toutefois, l’accord en question n’est toujours pas signé. D’après les autorités norvégiennes, certains aspects techniques doivent encore être étudiés.


La délimitation des espaces maritimes de la Mer de Barents a toujours été cristallisée par différents enjeux stratégiques, géopolitiques, économiques et écologiques.

 

  • Les enjeux de la Mer de Barents

 

            La Mer de Barents a présenté tout le temps de l’existence de l’URSS un enjeu stratégique. C’est ainsi que cette mer libre de glace en hiver abrite la base navale russe de Mourmansk. La zone a notamment connu des essais nucléaires soviétiques sur l’île de la Nouvelle-Zemble. En 1944, l’URSS a tenté de renforcer sa présence dans la région en annexant des territoires finlandais (Carélie et région de Petsamo) et en revendiquant l’île aux Ours et un condominium sur le Spitzberg (qui connait un statut spécial depuis le traité du 9 février 1920 –souveraineté norvégienne mais activités économiques libres pour toutes les parties au traité).


KMO_108266_00862_1_t207.jpg A côté de ces enjeux territoriaux et stratégiques, la mer de Barents est aussi convoitée pour la pêche. Cet enjeu économique a poussé la Norvège et l’URSS à établir les limites provisoires d’une zone commune de pêche de 155 000 km2.


Ce qui préoccupe actuellement les deux voisins est la présence importante de gisements de gaz et de pétrole dans cet espace maritime. Il contiendrait environ 12 milliards de barils de pétrole. Niveau gaz, le gisement géant de Chtokmann (entre Mourmansk et la Nouvelle-Zemble) contiendrait 3700 milliards de m3. C’est le géant russe Gazprom qui a la charge de l’exploitation, en collaboration avec le français Total et le norvégien Statoil.


L’enjeu pour les deux Etats est aussi écologique. Effectivement, l’écosystème de la mer de Barents est fragile, ce qui avait poussé la Norvège à observer un moratoire sur l’exploration pétrolière et gazière. Malgré cela, la Norvège a autorisé de nouveau la prospection en 2003. Si l’accord est obtenu entre les deux voisins et que l’exploration s’accentue, il s’agira d’un accroissement de la pression sur  les activités économiques dans l’espace Arctique.

 

  • Un accord attendu et s'il est conclu, historique

 

           Un premier accord était intervenu en 1957 sur la délimitation de la mer territoriale dans le Varangerfjorden (sud de la frontière maritime), sans que les deux Etats ne parviennent à fixer la limite. Cette nouvelle annonce serait la fin de ces négociations qui traînent depuis plus de 50 ans.


A côté de cela, le litige entre la Russie et la Norvège porte sur la zone économique exclusive (ZEE) et le plateau Diapositive1.JPGcontinental (et c’est le plus important pour ce qui concerne l’exploitation pétrolière et gazière). Moscou a développé depuis des années l’idée que dans l’espace arctique, la délimitation des espaces devait s’effectuer selon la théorie des secteurs (c'est-à-dire qui use des latitudes et des méridiens, ainsi la ZEE devrait suivre le méridien coupant l’intersection des mers territoriales des deux pays). Pour la Norvège, la délimitation doit s’effectuer selon la ligne médiane (comme la plupart des délimitations maritimes).carte mer de barents 2


Pour le plateau continental, les théories en présences sont exactement les mêmes. 

 

D'après le journal norvégien Aftenposten, les deux Etats seraient décidés à délimiter leur frontière maritime unique (plateau continental, zone économique exclusive, mer territorial) selon les règles adoptées par la justice internationale. Le communiqué de presse indique que "The two delegations recommend a delimitation line on the basis of international law in order to achieve an equitable solution. In addition to the relevant factors identified in this regard in international law, including the effect of major disparities in respective coastal lengths, they have taken into account the progress achieved in the course of long-standing negotiations between the parties in order to reach agreement. They recommend a line that divides the overall disputed area in two parts of approximately the same size."

 

En déclarant ainsi vouloir diviser la zone disputée en deux parties approximativement égales, les deux Etats abandonnent leurs théories respectives, notamment la Russie et son antique théorie des secteurs. Cela permettra certainement à l'avenir un apaisement des négociations dans le règlement des autres litiges dans la zone arctique.

 


                Avec cet accord non encore signé une première étape est en train d’être franchie. Il est intéressant de constater qu’en parallèle, les deux voisins collaborent sur le plan économique et sur l’exploitation des gisements de la mer de Barents. Il faut toutefois espérer que la Norvège et la Russie sauront aussi participer à la protection de l’écosystème de la mer de Barents, une mer aux portes de l’Arctique et du passage du Nord-Est.   

 

Jérémy Drisch

 

Retrouvez la carte au format PDF sur le lien suivant : Carte "Délimitation maritime en Mer de Barents"

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Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /2010 23:32

                L’agence de presse russe RIA Novosti annonçait mardi dernier (02/02) la volonté de l’actuel Premier Ministre ukrainien, Madame Ioulia Timochenko également candidate à la présidentielle, de demander en cas de victoire dimanche prochain, la révision de la décision de la Cour Internationale de Justice (CIJ) de février 2009 sur la frontière maritime romano-ukrainienne.

 

                En effet, il y a un an, la CIJ rendait une décision attendue sur la délimitation de la zone économique exclusive (ZEE) et du plateau continental en Mer Noire entre la Roumanie et l’Ukraine. Le litige portait notamment sur la souveraineté et sur la définition juridique (île ou rocher) de l’île du Serpent et sur les délimitations qui en découlent. L’enjeu majeur était principalement pétrolier (10 millions de tonnes de pétrole) et gazier (100 milliard de m3). Lorsque la décision fût rendue il y a un an tout juste (CIJ, Affaire relative à la délimitation maritime en Mer Noire, 3 février 2009), les diplomates des deux pays voisins avaient salué une décision juste et équitable. L’île du Serpent, bien qu’attribuée à l’Ukraine ne se voyait pas pourvue de tous les effets d’ordinaire données à une île en droit de la mer. Ainsi, chaque partie se voyait attribuée un espace maritime permettant de part et d’autre l’exploitation pétrolière, sans pour autant qu’une partie soit plus avantagée qu’une autre.   

 

185657912.jpg                Il est à craindre que l’annonce de mardi ne soit purement à visée électoraliste. La question de l’indépendance énergétique, notamment vis-à-vis de la Russie, est considérable dans le débat politique ukrainien. En effet, Mme Timochenko a fait son annonce en arguant que « le plateau continental de la Mer Noire, c’est notre indépendance économique et politique, c’est la puissance et la compétitivité de notre Etat. Aussi m’appliquerai-je à restaurer la justice […] envers l’Ukraine ».Sans que l’on est pour le moment plus de détails, il semblerait que son souhait soit d’obtenir un plus grand espace maritime ukrainien notamment autour de l’Ile du Serpent.

 

                Cette promesse risque d’être difficilement réalisable. Le Statut de la CIJ prévoit une procédure de révision dans son article 61. L’alinéa 1 prévoit qu’une révision peut être demandée « en raison de la découverte d'un fait de nature à exercer une influence décisive et qui, avant le prononcé de l'arrêt, était inconnu de la Cour et de la partie qui demande la révision, sans qu'il y ait, de sa part, faute à l'ignorer ». Dans plusieurs affaires de délimitations maritimes, il est arrivé que l’un des Etats partie demande la révision de l’arrêt. Ce fût le cas par exemple dans l’affaire du Plateau continental entre la Libye et la Tunisie (CIJ, Affaire du plateau continental, 24 février 1982) et de la délimitation entre le Honduras et le El Salvador (CIJ, Différend frontalier terrestre, insulaire et maritime, 11 septembre 1992). Dans les deux cas, la cour rendit un arrêt rejetant la demande de révision jugeant insuffisants les nouveaux faits rapportés.

 

Black-Sea-judgment.JPG                Les juristes ukrainiens devront donc faire preuve de beaucoup d’imagination pour obtenir la révision de l’arrêt de 2009. A côté de cela, il est surtout dommageable de voir qu’une décision de justice internationale soit une arme politique (notons le paradoxe suivant : Ioulia Timochenko était déjà le chef du gouvernement dont les représentants se sont réjouis de l’arrêt de la CIJ) qui pourrait s’avérer être à double tranchant. En invoquant la souveraineté économique de l’Ukraine et son indépendance énergétique pour demander une révision, la candidate Timochenko réaffirme d’une part son opposition à la politique pro-russe du candidat Ianoukovitch,  et d’autre part risque de provoquer une dégradation des relations entre la Roumanie et l’Ukraine (alors même que celles-ci s’étaient améliorées depuis la résolution du litige sur la mer Noire).

 

Jérémy DRISCH

 

Sources photos :

-          Ioulia Timochenko : Agence RIA Novosti

-          Carte : CIJ, Arrêt du 3 février 2009

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